{"id":2384,"date":"2022-09-22T17:38:05","date_gmt":"2022-09-22T15:38:05","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.archipad.com\/?p=2384"},"modified":"2023-09-21T16:36:49","modified_gmt":"2023-09-21T16:36:49","slug":"rencontre-avec-philippe-samyn-architecte-belge-reconnu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archipad.com\/fr\/rencontre-avec-philippe-samyn-architecte-belge-reconnu\/","title":{"rendered":"Rencontre avec Philippe Samyn, architecte belge reconnu"},"content":{"rendered":"<p><em>Architecte, ing\u00e9nieur civil des constructions, dipl\u00f4m\u00e9 du MIT, Docteur en Sciences appliqu\u00e9es, Philippe Samyn est depuis des d\u00e9cennies un d\u00e9fenseur de l\u2019environnement et des b\u00e2timents recyclables.<\/em><\/p>\n<p>Prim\u00e9s un nombre incalculable de fois, Philippe Samyn est l\u2019auteur de pr\u00e8s de 700 projets dont 250 ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s. Parfaitement int\u00e9gr\u00e9s dans le paysage urbain ou rural, parfois spectaculaires sans jamais \u00eatre tape-\u00e0-l\u2019\u0153il, ses b\u00e2timents traduisent une harmonie qui d\u00e9coule de la logique du concept et de l\u2019\u00e9quilibre des proportions. Il est \u00e9galement l\u2019auteur d\u2019ouvrages de r\u00e9f\u00e9rence sur l\u2019histoire de l\u2019architecture contemporaine.<\/p>\n<p>Fond\u00e9e en 1980, Philippe Samyn and Partners participe, avec ses filiales FTI, DAE et AirSr \u00e0 tous les secteurs de l\u2019architecture et de l\u2019ing\u00e9nierie du b\u00e2timent.<\/p>\n<p><strong>Pourquoi \u00eates-vous architecte&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Je suis n\u00e9 pour devenir constructeur. Ce qui m\u2019anime, c\u2019est le lien entre la g\u00e9om\u00e9trie et la mati\u00e8re. Aujourd\u2019hui, j\u2019ai un regard s\u00e9v\u00e8re sur mes erreurs du pass\u00e9, j\u2019ai l\u2019impression de tout juste finir mon stage d\u2019apprentissage et d\u2019entrer enfin dans les choses s\u00e9rieuses, d\u2019autant que je ne dirige plus l\u2019agence et que j\u2019ai donc la possibilit\u00e9 de me consacrer au conceptuel.<\/p>\n<p><strong>Comment d\u00e9finissez-vous votre architecture&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Si vous regardez ce que nous bricolons en tant qu\u2019artisan depuis des d\u00e9cennies, il y a malgr\u00e9 tout une constante. Comme je suis anim\u00e9 par cette notion de construction, la durabilit\u00e9 et la p\u00e9rennit\u00e9 des choses m\u2019ont toujours pr\u00e9occup\u00e9. Depuis quatre ans, j\u2019\u00e9cris un ouvrage qui est disponible en open source sur notre site. Cet ouvrage, aliment\u00e9 par la f\u00e9condit\u00e9 de notre v\u00e9cu quotidien \u00e0 l\u2019agence, est notre feuille de route pour l\u2019avenir, ce qui nourrit de mani\u00e8re vigoureuse les projets que nous d\u00e9veloppons.<\/p>\n<p>Ainsi, le texte que j\u2019\u00e9crivais sur l\u2019\u00e9nergie m\u2019a amen\u00e9 \u00e0 lire l\u2019ouvrage de Vaclav Smil, \u00ab&nbsp;Energy and Civilisation&nbsp;\u00bb publi\u00e9 par MIT Presse. L\u2019auteur y fait une d\u00e9couverte qui, \u00e0 mon sens, m\u00e9riterait un prix Nobel&nbsp;: l\u2019indice du d\u00e9veloppement humain est proportionnel \u00e0 l\u2019\u00e9nergie dont il dispose. Vaclav Smil calcule la relation de l\u2019indice de d\u00e9veloppement humain, selon la d\u00e9finition de l\u2019ONU, en fonction de l\u2019\u00e9nergie consomm\u00e9e par un individu, relation qui se traduit par une courbe qui plafonne \u00e0 110 MJ \u2013 30 MW consomm\u00e9s par individu par an. Cet indice de d\u00e9veloppement humain ne peut pas monter au-del\u00e0 de 0,9. Donc, toute \u00e9nergie suppl\u00e9mentaire consomm\u00e9e par un individu est un g\u00e2chis. Elle n\u2019apporte rien \u00e0 l\u2019individu, pire elle l\u2019affecte, lui et la plan\u00e8te. A partir de ce constat, j\u2019ai imagin\u00e9 une ville utopique, car j\u2019aime concevoir des utopies, et d\u2019ailleurs je construis, du moins en partie, une de ces villes utopiques en Chine. Imaginer des villes utopiques est tout sauf utopique car cela cadre la r\u00e9flexion. Prenons une ville de 500 000 habitants en Belgique et calculons l\u2019\u00e9nergie qui leur est n\u00e9cessaire selon Smil. Il suffit de l\u2019entourer de 80 km<sup>2<\/sup> d\u2019ombri\u00e8res photovolta\u00efques qui laissent la possibilit\u00e9 de cultiver en-dessous, d\u2019ajouter un cercle autour de pompage et de turbinage pour stocker l\u2019\u00e9nergie dont vous n\u2019avez pas besoin. Vous faites vivre ainsi 500 000 habitants autonomes en \u00e9nergie et en nourriture. Or, l\u2019\u00e9nergie est au centre de tout aujourd\u2019hui. L\u2019objectif de mon ouvrage est de r\u00e9pondre \u00e0 toutes les probl\u00e9matiques qui animent les projets que nous d\u00e9veloppons&nbsp;: comment faire pour se passer de ventilation m\u00e9canique par exemple&nbsp;? J\u2019invite les \u00e9tudiants \u00e0 le t\u00e9l\u00e9charger, \u00e0 le commenter et \u00e0 le critiquer vertement. Cet ouvrage, je l\u2019\u00e9cris comme si j\u2019\u00e9tais un explorateur dans la for\u00eat vierge de la construction.<\/p>\n<p><strong>Quel est le titre de votre ouvrage&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>QuCoCoMa&nbsp;: QUoi, COmment COnstruire MAintenant&nbsp;? Avec pour sous-titre, pourquoi&nbsp;? Et c\u2019est d\u2019ailleurs ce \u00ab&nbsp;pourquoi&nbsp;\u00bb qui est essentiel. Le \u00ab&nbsp;pourquoi&nbsp;\u00bb, c\u2019est d\u2019abord le but. Quels b\u00e2timents perdurent&nbsp;? Quelle est la dur\u00e9e de vie des b\u00e2timents, pourquoi sont-ils construits, qu\u2019est-ce qu\u2019on en fait quand ils ne r\u00e9pondent plus \u00e0 leur fonction premi\u00e8re&nbsp;? R\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 tout cela est important. A quoi servent les constructions&nbsp;? Il faut prendre du recul par rapport aux croyances qui perdurent dans la construction.<\/p>\n<p>Je suis frapp\u00e9 de voir combien l\u2019image passe avant la construction chez les architectes et parfois m\u00eame les polytechniciens. Mon approche est tout \u00e0 fait diff\u00e9rente. Chez moi, le dessin est issu de la construction et pas l\u2019inverse. C\u2019est peut-\u00eatre ma limite, mais c\u2019est aussi ma grande force car nous arrivons \u00e0 concevoir des b\u00e2timents fonctionnels, pas chers, faciles \u00e0 entretenir et beaux. Aujourd\u2019hui, j\u2019ai l\u2019\u00e2ge de voir certains de mes b\u00e2timents d\u00e9truits, non pas parce qu\u2019ils sont laids, non pas parce qu\u2019ils sont en mauvais \u00e9tat, mais parce que la dynamique de la cit\u00e9 a chang\u00e9 et que ces b\u00e2timents en perdent leur sens, parce qu\u2019ils \u00e9taient inclus dans des programmes trop sp\u00e9cifiques. Si nous voulons faire du b\u00e2ti p\u00e9renne que l\u2019on peut transmettre aux g\u00e9n\u00e9rations futures, nous devons faire des b\u00e2timents relativement g\u00e9n\u00e9riques&nbsp;: 12 m\u00e8tres de profondeur maximum, 3 m\u00e8tres du plancher au plafond avec des capacit\u00e9s portantes suffisantes. Et \u00e7a n\u2019exclut pas la po\u00e9sie&nbsp;! Notre agence est install\u00e9e dans une ferme de 1830. Quand nous avons achet\u00e9 cette ruine, je me suis surtout emp\u00each\u00e9 de d\u00e9truire les murs vieux de deux si\u00e8cles. Depuis 30 ans que nous y sommes, nos frais de maintenance sont quasi nuls. Le b\u00e2timent \u00e9tait une ferme, aujourd\u2019hui une agence, demain peut-\u00eatre des logements. Ce b\u00e2timent, nous pouvons le l\u00e9guer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 pour une tout autre fonction. L\u2019ambigu\u00eft\u00e9 entre la po\u00e9sie architecturale et le caract\u00e8re g\u00e9n\u00e9rique du b\u00e2timent est ce que la sagesse nous impose.<\/p>\n<p><strong>Pouvez-vous revenir sur cette id\u00e9e de l\u2019image qui doit venir apr\u00e8s la construction&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Tout commence par l\u2019animus du commanditaire. C\u2019est le commanditaire qui fait la construction, pas l\u2019auteur du projet. Sans un commanditaire avec une vision profonde, g\u00e9n\u00e9reuse et humaniste, il n\u2019y a pas de question \u00e0 laquelle vous pouvez r\u00e9pondre. Ensuite, vient le genius loci, l\u2019analyse du lieu sous toutes ses facettes, toutes les donn\u00e9es du site. Si je prends l\u2019exemple de la Maison administrative de province de Namur, un b\u00e2timent r\u00e9volutionnaire, un mod\u00e8le de durabilit\u00e9, pour lequel nous avons \u00e9t\u00e9 prim\u00e9s cette ann\u00e9e, nous avons consacr\u00e9 8000 heures d\u2019analyse pr\u00e9alable au site avec une vingtaine de sp\u00e9cialistes pour r\u00e9aliser une \u00e9tude a\u00e9rodynamique, acoustique, p\u00e9dologique, \u00e9cologique, historique, m\u00e9t\u00e9orologique. Ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s cette exploration du g\u00e9nie du lieu que nous avons pu commencer \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 la demande du commanditaire, une demande tr\u00e8s claire par ailleurs.<\/p>\n<p>Il faut rappeler que c\u2019est tout un travail que d\u2019\u00eatre ma\u00eetre d\u2019ouvrage. Pour de grands projets, le temps pass\u00e9 par le commanditaire, le ma\u00eetre d\u2019ouvrage, pour d\u00e9finir une question est du m\u00eame ordre de grandeur que le temps consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tude et \u00e0 la conception par le ma\u00eetre d\u2019oeuvre. Tr\u00e8s souvent, dans les grands concours publics, les questions sont beaucoup trop floues parce que l\u2019adjudicataire n\u2019a pas conscience de l\u2019importance d\u2019\u00eatre pr\u00e9cis dans une demande. La suspicion qui nait dans ce genre de concours vient de l\u00e0&nbsp;: le jury ne sait pas exactement ce qu\u2019il doit juger car la question n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9ellement pos\u00e9e. Pour revenir \u00e0 la Maison de Namur, nous l\u2019avons faite en bois parce qu\u2019il y a des for\u00eats \u00e0 proximit\u00e9, sur pilotis car c\u2019est une zone inondable et parce que nous pouvons ainsi amener de la fra\u00eecheur par en dessous en faisant passer de l\u2019air sur des graviers humides. C\u2019est ce que le site offre qui nous a conduit \u00e0 des hypoth\u00e8ses constructives, \u00e0 une morphologie, en r\u00e9ponse \u00e0 la demande claire du commanditaire. L\u2019image n\u2019est que le r\u00e9sultat de cette r\u00e9flexion. L\u2019esprit des lieux donne l\u2019impulsion initiale. Mais, l\u2019architecte est aussi un artiste qui sait laisser parler les \u00e9motions, qui peut suivre une intuition. Tout n\u2019est pas objectivable, loin de l\u00e0, il y a beaucoup d\u2019affects mais l\u2019\u00e9motion doit \u00eatre toujours temp\u00e9r\u00e9e par une approche constructive. Il faut se m\u00e9fier terriblement de l\u2019inspiration, toujours chercher la symbiose entre l\u2019affect et la raison. Vous pouvez avoir des b\u00e2timents po\u00e9tiques qui ne r\u00e9pondent pas \u00e0 la question intellectuelle que l\u2019on se pose et \u00e0 l\u2019inverse vous pouvez avoir des b\u00e2timents qui sont des r\u00e9ponses intellectuelles impeccables mais qui sont d\u2019une tristesse affolante. C\u2019est important de cultiver la temp\u00e9rance, l\u2019humilit\u00e9. Nous devons donner une r\u00e9ponse juste \u00e0 une question \u00e9ph\u00e9m\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Mais vous nous avez parl\u00e9 de votre recherche de p\u00e9rennit\u00e9 dans la construction\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Ce qui nous ram\u00e8ne toujours au pourquoi. La plupart des architectes construisent des b\u00e2timents qui sont par essence \u00e9ph\u00e9m\u00e8re parce qu\u2019ils r\u00e9pondent \u00e0 une question trop ferm\u00e9e. Par exemple, j\u2019ai con\u00e7u des aires d\u2019autoroute en consid\u00e9rant qu\u2019elles \u00e9taient les caravans\u00e9rails du XX\u00e8me si\u00e8cle, ces caravans\u00e9rails qui jalonnaient la route de la soie. En les concevant comme des lieux de vie, d\u2019\u00e9changes, je donne \u00e0 ces aires d\u2019autoroute une po\u00e9sie et la p\u00e9rennit\u00e9 dont je parle car elles peuvent demeurer, conserver leur fonction quelle que soit l\u2019\u00e9nergie utilis\u00e9e \u00e0 l\u2019avenir. Elles survivront \u00e0 l\u2019\u00e9poque du p\u00e9trole. Je r\u00e9fl\u00e9chis de la m\u00eame mani\u00e8re pour les gares intermodales car elles sont aussi des caravans\u00e9rails. Les parkings ne disparaitront jamais de nos villes car nous aurons toujours des v\u00e9hicules qu\u2019il faudra garer, peu importe ce qu\u2019ils seront. Il faut donc faire des parkings \u00e9l\u00e9gants qui s\u2019inscrivent dans le temps. Je m\u2019int\u00e9resse beaucoup \u00e0 ce type de projets utiles auxquels nous n\u2019accordons pas assez d\u2019importance. Tout commence par le respect du territoire et par le sens des projets que l\u2019on m\u00e8ne. Il y a plus de cinquante ans que je pr\u00f4ne les villes verticales, que je suis convaincu qu\u2019il faut construire \u00e0 la verticale pour lib\u00e9rer les sols et c\u2019est seulement maintenant que cette id\u00e9e devient r\u00e9alit\u00e9 en Chine. Il faut r\u00e9-imaginer la ville \u00e0 partir des transformations qui s\u2019op\u00e8rent aujourd\u2019hui. Mais, je peux d\u00e9velopper ces id\u00e9es utopistes seulement parce que je suis connu en tant que constructeur, parce que j\u2019ai gagn\u00e9 ma cr\u00e9dibilit\u00e9 sur le plan scientifique, architectural. Le prix \u00e0 payer pour \u00e9crire une utopie est d\u2019\u00eatre tr\u00e8s pragmatique.<\/p>\n<p><strong>On parle beaucoup aujourd\u2019hui d\u2019\u00e9coresponsabilit\u00e9\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Nous revenons au pourquoi et au comment, car l\u2019\u00e9coresponsabilit\u00e9 est d\u2019abord dans le pourquoi. Il faut \u00eatre certain que ce que l\u2019on construit est fongible, qu\u2019on ne sera pas oblig\u00e9 de le d\u00e9molir. Tous ces immeubles nouveaux qui ont pollu\u00e9 nos villes et qui n\u2019ont pas la portance pour \u00eatre transform\u00e9s en logement\u2026 La d\u00e9rive de la construction, dont on se rend compte aujourd\u2019hui, est n\u00e9e dans l\u2019apr\u00e8s-guerre parce qu\u2019il fallait construire en urgence, avec les moyens dont on disposait \u00e0 l\u2019\u00e9poque, parce que la guerre avait tout d\u00e9truit. On a construit n\u2019importe comment car nous avions une profusion d\u2019\u00e9nergie \u00e0 disposition. C\u2019\u00e9tait le r\u00e8gne de l\u2019image et des th\u00e9ories inexactes. La th\u00e9orie du nombre d\u2019or de Le Corbusier est une connerie magistrale qui n\u2019a aucun sens intellectuel car elle consid\u00e8re un espace \u00e0 deux dimensions, et non pas \u00e0 trois dimensions. Ces fausses th\u00e9ories, j\u2019y ai cru comme tous les jeunes architectes, mais je me rendais compte que cela ne marchait jamais et je ne pouvais le comprendre qu\u2019en tant que constructeur en me posant cette simple question&nbsp;: comment vais-je pouvoir construire&nbsp;? Une partie du temps, je vis en Finlande dans une isba class\u00e9e de 1910, construite en rondins de bois sur un rocher en granit par un architecte finlandais reconnu, Hjalmar \u00c5berg. Elle a 110 ans et elle est comme neuve. J\u2019admire l\u2019intelligence de cette construction qui est pour moi la quintessence de l\u2019architecture. La relation entre la mati\u00e8re et la g\u00e9om\u00e9trie, c\u2019est cela la construction durable. C\u2019est cette conviction r\u00e9solue respectueusement impertinente qui nous anime&nbsp;: comment inventer des trucs impossibles qui tiennent durablement la route&nbsp;?<\/p>\n<p><strong>Quelle est la place de la technologie dans vos projets&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>La technologie est ce qui nous permet d\u2019aboutir au r\u00e9sultat vis\u00e9 : l\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de l\u2019acier, le recyclage de l\u2019aluminium, le verre extra clair\u2026 Mais, faire d\u00e9pendre la vie d\u2019un b\u00e2timent de la technologie num\u00e9rique, de la robotique, ce n\u2019est pas raisonnable. C\u2019est une \u00e9vidence. Tout est question de compromis : vous pouvez avoir un confort temporaire bien s\u00fbr mais sa disparition ne doit pas mettre en p\u00e9ril l\u2019\u00e9conomie globale de la construction. La construction, c\u2019est quelque chose d\u2019hybride, c\u2019est du r\u00eave, de la technologie, des artisans.<\/p>\n<p><strong>Si vous deviez me citer une r\u00e9alisation que vous aimez particuli\u00e8rement&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Celle que je vais faire demain, celle que je n\u2019ai pas encore dessin\u00e9e. J\u2019ai un regard tr\u00e8s critique sur les projets pass\u00e9s. Cependant, j\u2019aime beaucoup le Delta de Namur et la clinique \u00ab Sans Souci \u00bb de Jette parce qu\u2019il y a l\u00e0 une magie. C\u2019est un lieu qui rend heureux, qui apaise. Je ne sais pas pourquoi, ni comment, nait cette magie, mais elle est l\u00e0. Tous mes projets, je les ai faits avec la m\u00eame tendresse, la m\u00eame obsession, le m\u00eame engagement. J\u2019ai le m\u00eame amour pour tous, m\u00eame pour ceux qui sont moins bien.<\/p>\n<p>Nous vous invitons \u00e0 consulter la liste des ouvrages de Philippe Samyn et \u00e0 t\u00e9l\u00e9charger <a href=\"https:\/\/samynandpartners.com\/fr\/liste-exhaustive-des-publications\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">QuCoCoMa<\/a>. Les diff\u00e9rentes versions sont reprises sous le num\u00e9ro de publication 1419.<\/p>\n<p><em>Photographie : (c) Thierry Geenen<br \/>\n<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Architecte, ing\u00e9nieur civil des constructions, dipl\u00f4m\u00e9 du MIT, Docteur en Sciences appliqu\u00e9es, Philippe Samyn est depuis des d\u00e9cennies un d\u00e9fenseur de l\u2019environnement et des b\u00e2timents recyclables. Prim\u00e9s un nombre incalculable de fois, Philippe Samyn est l\u2019auteur de pr\u00e8s de 700 projets dont 250 ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s. Parfaitement int\u00e9gr\u00e9s dans le paysage urbain ou rural, parfois [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":2386,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jet_sm_ready_style":"","_jet_sm_style":"","_jet_sm_controls_values":"","_jet_sm_fonts_collection":"","_jet_sm_fonts_links":"","footnotes":""},"categories":[197],"tags":[209,183,260],"class_list":["post-2384","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-interview","tag-archipad","tag-architecte","tag-environnement"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archipad.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2384","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archipad.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archipad.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archipad.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archipad.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2384"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/archipad.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2384\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16825,"href":"https:\/\/archipad.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2384\/revisions\/16825"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archipad.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2386"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archipad.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2384"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archipad.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2384"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archipad.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2384"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}